Thierry Origer: «Il reste beaucoup à faire, notamment au niveau de l’éducation et de la documentation.» (Photo: Slow Food)

Thierry Origer: «Il reste beaucoup à faire, notamment au niveau de l’éducation et de la documentation.»
(Photo: Slow Food)

Monsieur Origer, dans quel contexte Slow Food Luxembourg a-t-il été créé et comment a-t-il évolué?

«Les fondateurs du mouvement Slow Food au Luxembourg, dont je suis, étaient déjà membres ou proches du mouvement international qui a été fondé en Italie en 1986 et qui compte aujourd’hui 100.000 membres dans le monde. Nous partagions cette envie de défendre une alimentation qui lie éthique et plaisir, qui défend les producteurs régionaux, les traditions culinaires, les savoir-faire et l’éducation au goût. Depuis, nous organisons régulièrement des conférences et des projections de films autour des thèmes de l’agroalimentaire, en particulier dans le cadre du cycle Hungry Planet au CarréRotondes. Comme rien ne vaut l’exemple et le vécu, nous proposons aussi des visites auprès de producteurs locaux de miel, de fromage, de vin… Quand on voit comment les gens travaillent, quand on goûte leurs produits, on sent vraiment la différence et on a envie de mettre les bonnes choses en avant.

L’époque vous donne raison. Le bio, le local, les marchés n’ont jamais été aussi recherchés…

«C’est vrai que notre philosophie d’une nourriture propre, juste et bonne est de plus en plus partagée et que les consommateurs font de plus en plus attention à ce qu’ils ont dans leur assiette ou dans leur magasin. La consommation consciente a fait son chemin et c’est tant mieux, mais il reste beaucoup à faire, notamment au niveau de l’éducation et de la documentation.

Justement, les Italiens ou les Allemands ont leurs guides qui référencent les restaurants «slow food». Ce serait possible au Luxembourg?

«Il y a peu voire très peu de restaurants luxembourgeois qui s’approvisionnent chez le producteur du coin. Mais, bien sûr, il faut valoriser ceux-là. Nous avons collaboré avec le Guide O en Sarre, pour recommander quelques adresses au Luxembourg. Un autre axe de développement est celui de ‚l’arche du goût‘ qui a pour but de stopper la perte de la biodiversité en recueillant et cataloguant les matières premières de l’agriculture et les produits alimentaires transformés qui jouent un rôle clé dans la culture, l’histoire et les traditions du monde. Plusieurs produits luxembourgeois pourraient entrer dans cette liste.»

Interview de Thierry Origer, président Slow Food Luxembourg, par France Clarinval paru sur paperjam.lu

http://paperjam.lu/questions/une-approche-de-la-nourriture-qui-fait-son-chemin